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Une saison de résultats à hauts risques s’ouvre pour les Bourses

Publié le 21 juil. 2021 à 18:13Mis à jour le 21 juil. 2021 à 18:21

Pas le droit à l’erreur. La saison des résultats démarre ce jeudi au sein du CAC 40 avec le géant publicitaire Publicis. Une période qui s’annonce compliquée sur les marchés alors que les investisseurs suivent avec inquiétude la progression du variant Delta dans le monde.

A première vue, les actionnaires devraient pourtant avoir de quoi se réjouir. Cette année, campagnes vaccinales, réouverture et plans de relance ont nourri les espérances des analystes. Les estimations de bénéfices ont été largement révisées à la hausse depuis le début de l’année pour atteindre des niveaux de croissance exceptionnels : une progression de 72 % sur un an des bénéfices par action aux Etats-Unis et de 120 % en Europe, selon Barclays. De quoi dépasser les niveaux d’avant-crise.

Contraste saisissant

Un contraste saisissant avec le deuxième trimestre 2020 – la période la plus difficile de la crise sanitaire -, marqué par les confinements et les restrictions d’activité et de déplacements. L’économie s’était alors quasiment arrêtée en Europe.

Quatre secteurs en particulier sont attendus en très fort rebond. Les valeurs pétrolières devraient bénéficier de la hausse des cours du pétrole cette année, après avoir subi leur chute historique au printemps 2020. La consommation discrétionnaire, du luxe à l’automobile, devrait être portée par la réouverture des commerces. Et l’industrie et les matériaux sont repartis très rapidement avec la reprise économique mondiale.

Contexte de marché difficile

La barre est haute, mais les entreprises sont bien parties pour la franchir aisément. Près d’une entreprise du STOXX 600 sur cinq a déjà dévoilé ses résultats du deuxième trimestre. Parmi celles-ci, plus de 60 % ont fait mieux qu’attendu en termes de ventes comme de profits, avec au total des bénéfices supérieurs de 20 % par rapport aux attentes, selon Bloomberg.

Et pourtant, en Bourse, ces premières surprises positives n’ont pas suffi à relancer une dynamique haussière. Après avoir bondi de plus de 13 % depuis le début de l’année, le STOXX 600 a fait du surplace depuis le début du mois de juillet, tandis que le CAC 40, en hausse de 16 % cette année, a reculé de 0,77 % sur la période.

« Les marchés craignent que le meilleur soit derrière nous », résume Emmanuel Cau, stratégiste chez Barclays. Après la performance historique de la Bourse au premier semestre, « beaucoup de bonnes nouvelles sont déjà dans les prix alors que la dynamique macro-économique se stabilise. Les indicateurs d’activité restent élevés mais sont moins bons qu’en début d’année et la recrudescence de l’épidémie pourrait entraîner de l’incertitude sur les prévisions du second semestre », détaille-t-il.

Points d’attention

La menace du variant Delta va certainement tempérer les ardeurs des investisseurs, limitant les opportunités de hausse sur les marchés boursiers. Mais ce n’est pas le seul point d’attention ces temps-ci. La capacité des entreprises à défendre leurs marges dans un environnement inflationniste , leur habilité à maintenir leurs volumes en dépit des difficultés d’approvisionnement et leur résistance face au ralentissement de l’activité en Chine seront passées au crible par les investisseurs.

« Les entreprises devront convaincre qu’elles peuvent continuer à prospérer indépendamment du Covid, mais vu le contexte, le marché aura du mal à leur offrir le bénéfice du doute », souligne Emmanuel Cau. Pour leur permettre de briller en Bourse, les perspectives données par les entreprises sur le second semestre seront déterminantes.

Le constructeur automobile Daimler peut en témoigner. Le groupe allemand a fait mieux qu’attendu au deuxième trimestre avec un chiffre d’affaires en hausse de 44 %, mais il a par ailleurs prévenu que la pénurie de semi-conducteurs allait peser sur ses ventes au second semestre.

La réaction des marchés ne s’est pas fait attendre : le titre a perdu jusqu’à 4 % en Bourse, mercredi, avant de se reprendre en fin de journée. Il a toutefois sous-performé le DAX sur la séance.

Source : les echos

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