Placement

Unibail : l’offensive de Niel et Bressler dans la roue des vendeurs à découvert

Publié le 17 oct. 2020 à 10:57

Xavier Niel et Léon Bressler ne sont visiblement pas les seuls à considérer qu’une augmentation de capital de 3,5 milliards d’euros ne suffira pas à redresser Unibail-Rodamco-Westfield (URW). L’offensive de ces activistes d’un nouveau genre intervient alors que l’action est, depuis plusieurs mois, la cible des vendeurs à découvert.

A première vue, rien d’étonnant à cela. Les opérateurs de marché dont la spécialité est de miser sur la baisse des titres se sont logiquement positionnés sur les valeurs les plus affectées par la pandémie. Mais dans le cas d’Unibail-Rodamco-Westfield, les paris à la baisse sont massifs. Selon le spécialiste des données de marchés IHS Markit, URW est la deuxième valeur la plus « shortée » en Europe, juste derrière Rolls-Royce – qui a lui aussi annoncé début octobre vouloir lever deux milliards de livres (5,46 milliards d’euros) auprès de ses actionnaires.

Les titres prêtés pour les opérations de vente à découvert représentaient, au 15 octobre, 27 % du flottant, indique IHS Markit. Le mécanisme du « short selling » est le suivant : le spéculateur à la baisse vend un titre qu’il ne possède pas. Il l’a au préalable emprunté à un investisseur. Si le titre a baissé, à l’échéance du prêt, il réalise un profit puisqu’il l’achète alors sur le marché – pour le rendre à l’investisseur – à un prix inférieur au prix de vente initial.

Des arbitrages classiques en amont des augmentations de capital

Les vendeurs à découvert ne s’intéressaient que très modérément à Unibail avant l’arrivée du Covid 19 en Europe en février dernier. La proportion de titres vendus à découvert a alors décollé, passant de 3 % mi-février à plus 10 % entre fin mars et mi-avril. L’intérêt des short sellers est ensuite momentanément retombé avant une nouvelle envolée un mois et demi plus tard. Mi-juin, les ventes à découvert représentaient 20 % du flottant.

« Les opérateurs de marché ne sont pas naïfs. Ils se doutaient qu’une recapitalisation serait nécessaire, au vu des difficultés du groupe. Il n’est pas surprenant que les paris à la baisse du titre se soient renforcés. Ce sont des arbitrages assez classiques en amont des augmentations de capital », explique un analyste. Depuis le début de l’année, l’action URW a perdu 70 % (le cours de l’action avait baissé de 35 % en 2018 et progressé de 4 % en 2019).

Ce pessimisme du marché est-il de bon augure pour le consortium d’investisseurs conduit par Xavier Niel et Léon Bressler ? Avec seulement 4,1 % du capital, ces derniers veulent contraindre Unibail à renoncer à son augmentation de capital et à recentrer ses activités sur l’Europe. Un certain nombre d’actionnaires, à qui ils ont demandé de voter contre le projet d’augmentation de capital à l’assemblée générale du 10 novembre, sont sans doute déjà convaincus.

Stratégie désastreuse

Dans leur prise de parole dans les médias la semaine dernière et sur le site internet créé pour l’occasion, le consortium d’investisseurs expose la « triple erreur » d’URW : une mauvaise opération (l’acquisition de Westfield qui s’est soldée par une augmentation de l’endettement du groupe de 12,6 milliards d’euros), au mauvais moment (la santé du marché américain de l’immobilier commercial a commencé à décliner avant 2017) et au mauvais prix. Dilutive pour les actionnaires, l’augmentation de capital est présentée par l’ancien patron du groupe comme une « décision malheureuse prise par un management prisonnier de la stratégie désastreuse qu’il a engagée avec l’acquisition de Westfield. »

La bataille ne fait que commencer. « Je ne les vois pas partir tout seuls. Ils ont probablement des appuis. On peut aussi imaginer qu’ils aient préparé leur montée au capital par le biais d’options », souffle un professionnel de l’investissement.

Source : les echos

Autres articles à lire

Les banques ont déjà mis 40 milliards de coté pour faire face aux impayés

administrateur

La pression s’accroît sur les entreprises chinoises cotées à Wall Street

administrateur

Mouvements en série dans les états-majors de l’assurance française

administrateur

Le régulateur resserre l’étau sur Credit Suisse dans l’affaire des filatures de dirigeants

administrateur

Tesla: l’incroyable ascension qui affole les compteurs de Wall Street

administrateur

Prêts garantis : le cap des 100 milliards atteint, les banques mutualistes en tête

administrateur