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Vers une régulation plus serréedu « shadow banking »

Publié le 27 oct. 2020 à 8:32

Rendez-vous en novembre pour le « shadow banking ». Un rapport qui doit être remis le mois prochain aux chefs d’Etat et de gouvernement du G20 rejouera le film du confinement et pointera les vulnérabilités apparues à ce moment-là. Il pourrait dessiner un tour de vis réglementaire à venir.

« L’épisode du Covid démontre que nous avons du travail devant nous », a prévenu dans un récent discours l’Américain Randal Quarles, le patron du Conseil de stabilité financière (FSB), l’entité chargée de produire cet état des lieux. La période écoulée a révélé « un système bancaire qui a plutôt bien tenu le choc, et un système « non bancaire » qui était significativement plus fragile », a-t-il pointé.

Le « non bancaire » – dont la finance de l’ombre est une des composantes – s’est fortement développé ces dix dernières années, et représente près de la moitié de l’intermédiation financière dans le monde, selon le FSB. Il réunit des acteurs comme des assureurs, des gestionnaires d’actifs ou des gérants alternatifs.

Leur interconnexion avec le système bancaire est un sujet de vigilance pour les régulateurs . « Leurs liens de plus en plus étroits avec les banques pourraient favoriser la contagion des facteurs de fragilité à l’ensemble du système financier », s’inquiète ainsi le FMI dans son dernier rapport sur la stabilité financière.

Les fonds « high yield » boudés

Un rapport européen sur les « non-banques » publié la semaine dernière donne une idée de la façon dont le choc s’est propagé au printemps dernier. La crise s’est d’abord traduite par un repli spectaculaire des actifs gérés par les sociétés de gestion, pointe le Comité européen du risque systémique (ESRB).

Ces actifs ont fondu de 1.200 milliards d’euros au deuxième trimestre (-3,3 % d’un trimestre sur l’autre), car leur valeur a chuté sur la période, mais aussi, dans une moindre mesure, en raison de retraits.

Les investisseurs se sont notamment détournés des fonds de dette d’entreprises risquées (« high yield ») , les retraits atteignant sur la période (en cumul) 10 % des encours.

Or, ces retraits ne se sont pas faits sans heurts. Dans les fonds dits « ouverts », il a fallu vendre des actifs au plus mauvais moment pour assurer les sorties. Ces conditions de liquidités « dégradent la capacité du système financier à fournir des financements aux entreprises », pointe l’ESRB.

Au même moment, certains acteurs ont dû honorer des appels de marges, amplifiant ainsi la crise de liquidité initiale. La variation quotidienne de ces appels de marge est ainsi passée de 2 milliards d’euros début février à plus de 10 milliards d’euros dans la seconde quinzaine de mars.

Situations extrêmes

Dans ces situations extrêmes, les fonds disposent d’outils permettant de freiner, voire de geler les retraits. Les OPCVM ont ainsi suspendu jusqu’à 22 milliards d’euros de retraits en mars, un chiffre retombé à 700 millions d’euros à la fin mai, indique le texte.

Ces outils avaient déjà été activés par au moins trois gérants en 2019, dont H2O, la filiale de Natixis, sur certains de ses fonds . Cela n’a conduit à aucun « risque systémique », mais ces incidents « se sont produits dans des conditions de marché stables », souligne l’ESRB.

Dernier maillon de ce mouvement de tension, les fonds monétaires – qui assurent des financements de court terme – ont subi pendant la semaine du 13 mars des retraits représentant 8 % de leurs actifs sous gestion, au plus haut depuis 2008.

Pour assurer cette liquidité, ces fonds doivent céder leurs titres auprès d’établissements bancaires, ou de banques centrales. « Ce qui met d’autant plus de pression sur le système financier et l’économie réelle », pointe le rapport.

Source : les echos

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