Placement

Wendel maintient son dividende malgré ses pertes

Publié le 30 juil. 2020 à 18h30

Très prudent, Wendel n’a pas mieux surmonté les effets du Covid-19 que ses pairs. La société d’investissement tricentenaire est tombée dans le rouge au premier semestre, en dépit de son recentrage à marche forcée initié après les départs de Frédéric Lemoine et du numéro deux Bernard Gautier . Tout comme son concurrent historique Eurazeo parti dans une stratégie diamétralement opposée, de diversification mondiale et d’ouverture à des tiers.

Sur un an le holding, qui ne détient plus que sept participations valorisées 6,1 milliards d’euros – dont plus de la moitié correspondant à Bureau Veritas -, a creusé sa perte nette part du groupe : celle-ci est passée de -18,2 millions d’euros sur le premier semestre 2019 à- 203,7 millions d’euros en 2020, malgré une bonne reprise dans la deuxième moitié de l’année.

Le chiffre d’affaires de son portefeuille a reculé de 10,2 % à 3,59 milliards d’euros sur les six premiers mois de 2020, et le bénéfice de ses participations a chuté de 66 % à 83,4 millions. Participation historique, et en difficulté récurrente depuis la dernière crise financière, Cromoly (matériaux de construction) a vu ses ventes baisser sur les deux premiers trimestres de 2020.

La valeur des entreprises détenues (actif net réévalué) a en conséquence diminué de plus de 16 %. Ainsi Wendel creuse sa décote par rapport à la fin 2019 (sa valeur en Bourse rapportée à son actif net ayant aussi baissé), à -37,6 %, soit 138,6 euros par action à fin juin.

Situation financière « saine »

Cependant André François-Poncet, le président du directoire de Wendel, veut voir le verre à moitié plein : « Wendel et ses actifs en portefeuille ont relativement bien surmonté la première vague de Covid-19 », commente-t-il. « Certaines sociétés ont été peu affectées, alors que d’autres ont souffert davantage en termes de chiffre d’affaires et de résultats ». Le dirigeant souligne que la quasi-totalité de ses participations a continué de générer de la trésorerie et que leur situation financière est restée « saine » malgré la pandémie.

Si l’on regarde la situation à fin mars, son actif net est amélioré de 17,3 %. Un point positif lié à la hausse du cours de Bureau Veritas, et des actifs non cotés sous l’effet du rebond des multiples de sociétés comparables cotées utilisées pour leur valorisation. Certaines entreprises, souligne également Wendel, ont revu à la hausse leurs estimations pour cette année.

Quant à la société de gestion, elle a poursuivi ses efforts de rationalisation et fermé trois de ses bureaux au premier semestre.

Ainsi, « la solidité financière de Wendel, combinée à celle de son portefeuille, a permis à notre groupe de verser un dividende sans difficulté », explique André François-Poncet, « tout en faisant preuve de modération et d’esprit de solidarité ». Alors que les régulateurs bancaires et plus largement les politiques demandent aux entreprises de reporter le versement de dividendes, la société d’investissement entend ainsi laisser sa politique inchangée. Elle versera 2,8 euros par action, comme l’an dernier.

Jusqu’ici très réservé sur les conditions de marché, André François-Poncet, se dit maintenant « attentif aux opportunités nouvelles susceptibles d’ajouter de la croissance » au holding de la dynastie des anciens maîtres de forges.

Source : les echos

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