Placement

Wirecard attire de nombreux prétendants

Publié le 8 juil. 2020 à 19h00

Le démantèlement du groupe bavarois Wirecard suscite les appétits. « Plus d’une centaine de marques d’intérêt nous sont parvenues », a indiqué l’administrateur de Wirecard, Michael Jaffé, après une réunion des créanciers. Ce dernier annonce même l’ouverture prochain de la due diligence, qui permet aux potentiels acheteurs d’étudier les chiffres. Mais la tâche est compliquée : le groupe a fait état d’un trou de 1,9 milliard d’euros dans ses comptes.

La cession des activités de la filiale américaine Wirecard North America, qui regroupe l’ancienne division de cartes prépayées de Citi, semble la plus avancée. La banque conseil Moelis & co a déjà été mandatée et son modèle centré sur le marché américain devrait faciliter la transaction.

Un actif qui fond chaque jour

Autre filiale, Wirecard Card Solutions, au Royaume-Uni, a retrouvé sa licence d’émetteur de monnaie électronique, un moment suspendue par le régulateur britannique. La pression de la communauté des fintech a, semble-t-il, été forte afin de permettre à cette filiale de poursuivre ses activités. 

En Allemagne, la filiale bancaire, Wirecard Bank, qui n’est pas en faillite, et qui a notamment noué un partenariat avec Orange Bank en France, cherche également un repreneur. Deutsche Bank examine de son côté un éventuel « soutien financier » à la structure pour l’aider à poursuivre ses opérations commerciales.

Restent les deux filiales de Singapour, qui concentrent plus de 40 % des revenus mais suscitent le plus de questions d’un point de vue comptable.

« 95 % des marques d’intérêt ne seront pas suivies d’effets, estime un professionnel du secteur. Les actifs perdent de la valeur chaque jour alors les clients filent vers d’autres plateformes ». De plus, la technologie de Wirecard n’est pas plus compétitive que celle de ses concurrents. Au total, la valeur des actifs pourrait avoisiner quelques centaines de millions d’euros, bien loin des quelque 3,5 milliards de passif.

Naissance d’un champion européen 

Parmi les candidats possibles pour reprendre des actifs, le nom du spécialiste français des paiements Worldline circule. Ce dernier a déposé mercredi son offre publique sur Ingenico, valorisant sa cible française près de 8 milliards d’euros. « La réussite de cette offre ne fait aucun doute », avance Didier Roman, gérant chez Haas Gestion. La fusion s’annonce d’autant mieux que « la gouvernance a été soigneusement préparée pour préserver les équilibres et les partenariats de chacun », ajoute Marie-Sibylle Connan, analyste chez Allianz GI.

Cette opération intervient dans un contexte favorable. Non seulement la crise du Covid-19 donne un sérieux coup d’accélérateur à la digitalisation des paiements mais Worldline est en train de créer un champion européen à l’heure où, l’autre champion, Wirecard, va disparaître de la scène. De plus, le rachat d’Ingenico se faisant essentiellement par titres, Worldline conserve une capacité financière pour mener d’autres opérations de croissance externe. Des morceaux de Wirecard ? Le groupe reste silencieux sur le dossier.

Source : les echos

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